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Recueil de nouvelles policières sorti en juin 2011. Vous avez ci-dessus le première et la quatrième de couverture. Pour chaque nouvelle, je vous propose un extrait qui, je l'espère, vous donnera envie de découvrir la suite !
Depuis des lustres et des lustres, pas ceux qui sont pendus au plafond des châteaux ou des demeures bourgeoises, du fin fond des campagnes jusqu’aux abords des cités, les cris des cochons suppliciés s’élèvent aux petits matins frisquets d’octobre à mars. Ces hurlements passent par tout un arc-en-ciel de nuances : suraigus, agressifs, plaintifs, désespérés, suppliants, vindicatifs, rageurs, résignés, lancinants ou écorchés. Le malheureux quadrupède, que l’on vient d’extraire sans ménagement de sa litière, sait d’instinct le triste sort qui l’attend dès lors qu’il a atteint le seuil fatidique des cent-cinquante kilos, ce qui explique la violence indignée de ses réactions sonores. Ses congénères l’ont averti depuis longtemps de la duplicité des hommes qui n’hésitent pas à forcer les doses quand il s’agit de le nourrir dans l’unique but de le transformer en jambons, côtelettes, saucisses, boudins ou fressure. Et quand on est cochon il est impossible de se restreindre, on se jette sans retenue sur tout ce qui permet de se goinfrer, quitte à se bagarrer férocement avec ses voisins d’auge pour améliorer sa pitance. Le spectacle est digne d’un film d’horreur. Tout est en place comme il se doit. Imaginez un décor sinistre, une ancienne carrière en l’occurrence, un cadavre bien grillé au visage grimaçant (ou plutôt ce qu’il en reste, mes lèvres ayant été carbonisées), assis dans une position ridicule, des moignons toujours agrippés au volant d’une voiture calcinée, qui attend qu’on veuille bien l’enlever de cet habitacle noirci. Autour de ce qui reste de moi, trois gendarmes du PSCHIT1de la capitale régionale se déplacent d’un côté sur l’autre ou plutôt essaient de tuer le temps, jouant les blasés, bien loin des personnages des séries télévisées auxquels j’étais habitué, pestant contre cet abruti, moi en l’occurrence, qui les oblige à faire des heures supplémentaires alors qu’ils s’apprêtaient à partir en week-end prolongé. Du coup pour se changer les idées, ils discutent avec passion du match tellement nul qu’a joué l’équipe de France de football la veille ; il faut dire qu’avec l’entraîneur qu’ils ont, ce n’est pas une surprise ! Accroché à son micro, le président maniait l'anacoluthe et l’oxymore avec une dextérité de pro, il n’hésitait pas non plus à écorcher allègrement et nos oreilles expertes et le français qu’il avait dû étudier en seconde langue ou en cours du soir. Tel un prestidigitateur verbal, il a su nous allumer des lumières noires et nous proposer un solo de flûte interprété par deux musiciens ! Sur le fil - pardon, avec son fil et son micro - il a toujours été à la limite de la chute, rattrapant in extremis les situations désespérées, nous faisant applaudir les gags les plus invraisemblables que seul un esprit torturé pouvait appréhender. Lui au moins ne paraissait pas désarçonné par le spectacle de ses ouailles et il a su éviter les catastrophes avec une classe qui devrait lui permettre de se faire embaucher pour une téléréalité. Des images en noir et blanc qui s’entrechoquent comme dans les vieux films d’avant guerre, accompagnées de l’indispensable bruitage grinçant qui sentait le bricolage de dernière minute, j’en ai la tête encombrée, alors que je cherche désespérément le sommeil sur un étroit matelas inconfortable, plein de bosses et de creux. La première vision bicolore, c’est une femme sèche au visage sévère très loin de l’idée que je me faisais d’une justice plantureuse dans mon esprit, dressée dans une dignité incertaine, rehaussée cependant par une longue toge noire cachant sa maigreur et un rabat blanc. Sa voix rauque de fumeuse impénitente ajoute une note discordante supplémentaire à l’ensemble : J’ai toujours été fasciné par la mort, non pas d’un attrait morbide, mais d’une curiosité placide comme s’il s’agissait d’une contrée nouvelle à explorer. Du plus loin où je remonte dans mes souvenirs, j’ai été accompagné par elle ; si je n’ai jamais compris par quel mystère j’avais atterri dans ce monde, j’ai toujours su que cette escale n’était que transitoire. J’avais saisi bien avant les gamins de mon âge que la vie avait un terme, ce qui n’a jamais été cause de cauchemars chez moi. Je posais à mes parents des questions qui les avaient tellement inquiétés qu’ils m’ont imposé, très jeune, des séances de consultation chez une psychologue. Cette femme pleine de bonne volonté, mais dépassée par les événements, n’a pas trouvé dans son dictionnaire freudien les réponses adaptées à des interrogations tellement saugrenues pour elle. Jamais évidemment elle n’a osé formuler que j’étais un peu dérangé mais elle a suggéré à mes parents de me surveiller, je montrais en effet des tendances suicidaires évidentes. Les stalagmites se forment et s’allongent tout au long de centaines, voire de milliers d’années, goutte après goutte, avec une obstination à l’épreuve du temps. Les changements sont imperceptibles au long d’une vie d’homme. Tout avait pourtant très bien commencé, du moins pour un observateur approximatif ; un témoin un tant soit peu perspicace aurait constaté, dès le début, que le ver était dans le fruit. Une longue habitude est censée apporter un certain détachement devant un accident. Ce n’est pas le cas pour moi, je ne suis jamais parvenu à me faire à un tel spectacle. Jamais de mémoire d’homme on n’avait vu une famille aussi étrange, aussi déroutante, comme hors norme, hors du temps. Le manque d’échantillon sérieux sous la main ne permettait pas de la tester à sa juste valeur. On peut même affirmer sans risque d’être contredit que c’était la première fois qu’apparaissait un tel assemblage pourtant composé banalement des deux parents et de deux grands fils. - Ça va pas la tête ! Je suis pourtant une jeune fille très sage de vingt-deux ans. Est-ce parce que je n’ai aucun ami, parce que j’ai raté définitivement toutes mes études, parce que je n’ai pu rester au-delà de quelques jours chez un patron compatissant, parce que je passe de longues heures devant des séries américaines débiles, que je suis dérangée ? C’est encore ma mère, elle est revenue crevée de son travail de vendeuse. Quand je lui annonce qu’il était hors de question pour moi désormais de goûter le moindre pâté en croûte, de déguster une quelconque grillade de porc ou d’avaler un hamburger dégoulinant de ketchup, elle a failli sortir de ses gonds. Une séance de signature peut-être un plaisir pour les uns et une corvée pour d’autres qui ne jurent que par l’écriture, sans le service après-vente. Quand on s’aventure dans l’univers de la littérature (avec un tout petit l), la dédicace est un exercice obligé où l’on est amené à poser à de multiples reprises dans les bons jours, cette question basique : « Pour qui la dédicace ? ». A la campagne, la discrétion est la seule vertu qui vaille le coup, les autres étant rangées dans la valise aux souvenirs du catéchisme, du moins pour ceux qui y ont assisté, les autres, les plus nombreux, n’ayant pas ce souci. On ne sait jamais, il faudrait peut-être la ressortir un jour, cette vieille valoche, dégoulinant de poussière, du grenier encombré du passé. S’il y avait aux alentours de Saint-Rémy, deux personnes qui la pratiquaient cette discrétion, au plus haut degré, c’était bien Philippe Paillon et sa femme Marlène. Quand le couple travaillait dans son jardin, on avait sous les yeux, une caricature parfaite du célèbre tableau de Millet, « l’angélus », avec le même air inspiré, la dévotion en moins cependant, la religion étant le cadet de leurs soucis.
dans les librairies suivantes : Librairie Gibert de Poitiers, Carrefour Contact de Vouneuil, Auchan Poitiers Sud, Espace Culturel Leclerc Poitiers, Librairie Bravard de Chauvigny et tout autre libraire le souhaitant. Je peux aussi vous l'expédier (port compris) pour 12,50 €. Dans la presse Un article de Philippe Gilbert dans Ouest-France de septembre 2011. Une plume des plus affutées. - D'Isabelle dans son blog : http://pointpassion.over-blog.com/ Aujourd’hui je vous fais part de ma dernière lecture : « la vengeance d'un cochon" de Jean Luc Loiret. 12 nouvelles policières malicieuses.J'ai rencontré à plusieurs reprise Jean Luc Loiret , auteur poitevin. Très sympathique et ayant un humour grinçant. On retrouve bien son humour décalé dans son dernier ouvrage. Les 12 nouvelles se lisent facilement. Avez-vous lu les nouveaux fantastiques d’Alfred Hitchcock ??? J’ai retrouvé le même plaisir. Petits moments de détente dans un autre monde. |
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